Berlinite

 

 

 

 

 

Renseignements touristiques

 

FICHE CLINIQUE D'OBSERVATION
concernant la maladie du type " BERLINITE" et les détaxés.
(malades atteints de cette épidémie virale).
Comme l'absence de vitamine C engendre le scorbut, l'absence de T.V.A.
engendre la "Berlinite".
Géographiquement cette maladie est circonscrite dans les districts de
WEDDING et REINICKENDORF. Quelques cas isolés sont signales dans le reste
de l’agglomération berlinoise. Une variante atténuée sévit " en zone ",
soumise aussi à la détaxe.
Démographiquement l'on constate que seuls les sujets français en sont
atteints. Ceci corrobore à l'évidence la responsabilité de la détaxe dans
l'apparition de ce fléau.
OBSERVATIONS GENERALES
Tout individu apparemment sain, soumis quelques semaines (ou quelques mois
pour les plus robustes et les plus équilibrés) à la détaxe, devient la proie
de la berlinite ..
Les observations cliniques citent même certains individus particulièrement
réceptifs atteints de berlinite avant même d'avoir été soumis a la détaxe.
Mais des cas d'espèce concernent généralement des sujets qui ont subi la maladie
quelques années auparavant et dont les séquelles latentes se réveillent brutale-
ment lorsqu'ils sont de nouveau soumis à l'épreuve. Ces cas sont, de loin, les
plus virulents et leur berlinite aigue est incurable.
SYMPTOMES
Les manifestations les plus courantes de la berlinite peuvent se classer
en deux catégories :
- les syndromes communs
- les syndromes particuliers
Les syndromes communs sont les suivants #
- intérêt inextinguible pour le contenu de l'assiette du voisin.
- curiosité maladive et comparaison incoercible notamment à l'égard des
voitures automobiles. L'attention du malade est particulièrement attirée
par la marque, la variété des chromes, la profondeur des coussins et
surtout le nombre d'antennes.
Celui qui n'a pas de voiture est un complexé total.
Celui qui a une voiture mais pas d'antenne est un complexé partiel.
Celui qui n'a qu'une antenne entretient son complexe.
Celui qui a deux antennes pourrait ne pas avoir de complexes, il est
néanmoins aux aguets au cas ou un voisin bénéficierait de trois antennes.
curiosité non moins maladive et comparaison tout ainsi incoercible à
l'égard de la maison d'autrui, sa taille, son emplacement, la fraîcheur
de ses peintures, ses " nuisances " , à croire que les constructeurs ont
délibérément érige les logements au centre de gravite des nuisances.
Certains thérapeutes ont naïvement pu croire qu'un changement de logement
serait bénéfique. Il n'en est rien, le remède est pire que le mal et un
relogement n'engendre qu'un regain de virulence de la berlinite.Les syndromes particuliers sont extrêmement divers
Depuis que des observations cliniques entourées de tout le sérieux scienti-
fique ont été effectuées, il convient de citer sans que cette liste soit exhaus-
tive :
désir non dissimule ( et faisant abstraction du moindre respect humain)
de tout obtenir gratuitement ( ce que l'on pourrait qualifier de détaxe
totale).
Fleurs coupées ou en pot ( les premières sont les plus convoitées).
Téléphone, papier à lettre, enveloppes, cartes de visites et en général
tous les articles de bureau à l'usage du détaxé et de sa progéniture.
- sensibilité excessive au froid : le détaxé exige le maintien du chauf-
fage toute l'année. Au cas où il n'obtient pas satisfaction, il utilise
tous les moyens de chauffage électrique dont il peut disposer, y compris
le four de sa cuisinière.
- parallèlement, le détaxé craint l’obscurité et maintient en permanence
l’éclairage électrique allume y compris dans les pièces ou il ne fait
que s'asseoir quelques instants pour un usage bien naturel.
SOCIOLOGIE - COMPORTEMENT
L'occupation principale du détaxé, victime à un niveau appréciable de la
berlinite est de " faire son beurre ". Ce mouvement incessant de " barattes "
veut cependant rester discret de peur surtout que le voisin décèle le procédé
secret pour y parvenir. Certains s'y emploient depuis de nombreuses années mais
la production demeure cachée .. En règle générale le détaxé, des qu'il est atteint
de berlinite, a trois ans devant lui pour " faire son beurre ".
Les malades atteints de berlinite ont, en général, un emploi, bien que }a
consistance de ce dernier ne soit pas toujours évidente. Plus que par l’intérêt
de son emploi, le détaxé est attiré par la rémunération .. Un seul emploi dans une
famille est un signe de berlinite bénigne. La berlinite courante implique que
l’épouse soit rémunérée, sa qualification professionnelle ayant peu d'importance.
La berlinite aigue implique la rémunération d'un ou plusieurs enfants (la quali-
fication professionnelle devenant tout a fait secondaire). Les annales citent le
cas limite observé à ce jour ( mais le score peut être amélioré) d'une famille
dont sept membres faisaient leur beurre !!
Dans son psychisme, le sujet atteint de berlinite est avant tout un mal-
aime, un incompris, un perpétuel insatisfait. Il craint sans cesse de ne pas
connaître tous les procédés pour "faire son beurre".
Le regard en permanence tourne vers "l'assiette du voisin", engendre non
pas un strabisme divergent mais une fébrilité extrême .. Au cas où le regard du
sujet atteint de berlinite ne verrait pas tout le contenu de l'assiette du voisin,
le regard de son épouse y pallie. Il faut noter à ce sujet que la berlinite exerce
ses ravages avec une acuité particulière sur la gente féminine, d'une part parce
que la curiosité fait partie de son état naturel, d'autre part, du fait que dans
les familles atteintes de berlinite, la femme tient souvent les cordons de la
bourse ..
Par un phénomène masochiste difficilement explicable, le malade atteint de
berlinite se complaît dans sa maladie # La possibilité, l'éventualité, la menace
d'un départ provoque un accès aigu de berlinite. Bien que le dépaysement soit le
seul traitement efficace, le malade s'y refuse délibérément. Il n'y a aucune colla-
boration entre le malade et le thérapeute, et le dernier doit agir d’autorité.
de la sorte, la berlinite doit être comparée a une drague que les esprits forts
croient mépriser ou maîtriser mais qui inéluctablement les emporte tous.
Le malade recherche la compagnie de ses pairs, non par sociabilité mais
parce que la berlinite ne peut prospérer qu'au sein d'une communauté : un détaxé
isole serait un homme heureux et comble, donnée par essence contraire aux effets
de la berlinite.
Ce sens du clan se remarque même dans l'immatriculation des voitures des
détaxés, le " FZ " qu'ils arborent, bien supérieur dans leur esprit aux plaques
bleues des détaxés de " zone " est le signe d'appartenance a cette communauté de
malheureux et, lorsque leurs voitures se croisent dans la métropole taxée, nos
malades klaxonnent abondamment leur signe de ralliement.
PROPAGATION de l'ENDEMIE
La rencontre de deux détaxés produits immanquablement la berlinite. Le lieu
de rencontre le plus fréquent est intitule " Économat ". Dans ce lieux très particu-
lier ou les détaxés procèdent a leurs achats comme les Juifs ne fréquentent que les
boutiques " KASHER ", la prolifération du virus est spectaculaire. On a pris soin
de multiplier le nombre d' Economats " ainsi chaque détaxé est sur de pouvoir
soit contracter sait entretenir sa berlinite. En revanche la monnaie locale et ses
fluctuations peut contribuer a faire son beurre.
EVOLUTION DE LA MALADIE
L'action du virus est proportionnelle a sa durée. On aurait pu supposer que,
par un phénomène d'auto-vaccination la virulence s’atténuerait après de longues
années d'application. Il n'en est rien, aucun phénomène d'accoutumance n'est per-
ceptible et certains malades soumis depuis trente ans aux atteintes du virus pré-
sentent toujours les symptômes de la berlinite aigue. Ces cas sont désespérés.
Le traitement des autres cas est possible mais les thérapeutes envoyés sur
place au sein même du foyer d'action du virus sont inéluctablement contamines eux-
mêmes.
La seule possibilité d'action est donc extérieure : il faut extraire le
malade de ce milieu viral, contre son gré et malgré ses trépignements, le soumettre
aussitôt au régime des taxes qui, telles des anticorps détruisent le virus. La
métropole ou les taxes abondent est le seul lieu de cure.
Il faut s'efforcer, enfin, d’empêcher le malade de revenir dans ce milieu
qui l'attire , comme le miel (I) la mouche.
(I) miel ou tout autre matière attirant les mouches.